En 2025, la France a créé 1,17 million d’entreprises.
Un record absolu, en hausse de +4,9 % sur un an selon l’Insee.

Dit comme ça, on pourrait croire à une excellente nouvelle.

Mais le contexte rend le chiffre beaucoup plus paradoxal.

Dans le même temps, les faillites explosent avec plus de 70 000 défaillances sur l’année. Un niveau historique.

Alors que se passe-t-il vraiment ?

Le moteur principal de ces créations, ce sont les micro-entrepreneurs.
Ils représentent désormais 65 % des nouvelles entreprises.

Les sociétés progressent aussi (+5,9 %), mais les entreprises individuelles “classiques” reculent nettement (-4,1 %).

Autrement dit, on crée beaucoup… mais léger.

Quand on regarde secteur par secteur, le tableau devient encore plus clair.

Les créations se concentrent sur des activités immédiatement monétisables :
soutien aux entreprises, transport et logistique, commerce, services rapides.

Dans un environnement fiscal et réglementaire instable, les entrepreneurs évitent les paris long terme.
Ils privilégient des projets réversibles, peu capitalistiques, faciles à arrêter si ça tourne mal.

Résultat : la tertiarisation s’accélère, l’industrie recule, et les futurs champions nationaux se raréfient.

Autre facteur souvent sous-estimé : le rôle du contenu en ligne.

Une partie de cette vague entrepreneuriale est nourrie par la promesse de revenus rapides via le “business en ligne” :
freelancing, micro-services, dropshipping, agences éclairs.

Ce n’est pas un mal en soi.
Mais ça oriente mécaniquement l’écosystème vers des projets simples, courts, peu risqués… et rarement transformants.

Si on veut rééquilibrer le modèle, il faudra sans doute créer un contre-récit.

Un récit qui redonne envie d’industrie, de tech lourde, de projets longs, complexes et ambitieux.

Sinon, on continuera à battre des records de créations…
sans jamais bâtir les entreprises qui comptent vraiment.

Découvrez aussi…

No posts found