Contexte : Greg Abel signe sa première lettre aux actionnaires en tant que CEO de Berkshire. Et les chiffres ne sont pas à la fête : profits opérationnels en baisse à 44,5 milliards (-6%), assurance en recul de 20%, et l'action qui lâche 4,9% lundi.
À noter quand même que la boite détient un coffre fort de 373Mds$ de cash en réserve. Buffett appelait ça "l'elephant gun" (la garantie de pouvoir frapper gros quand l'occasion se présente).
Le vrai sujet, c'est le "Buffett premium." Pendant des décennies, les investisseurs payaient plus cher pour être dans les mains d'une légende. Maintenant que la légende est partie, ce premium s'évapore et l'action sous-performe le S&P 500 depuis 12 mois.
Les investissements historiques tiennent bon. Occidental Petroleum (+30% cette année), Chevron (+23%), Coca-Cola (+14,7%).
Finalement, est-ce que Berkshire sans Buffett, c'est Apple sans Jobs ? Abel doit prouver que la machine tourne sans le génie. Sa première lettre est sage, disciplinée, rassurante. Mais les investisseurs ne paient pas pour la sagesse, ils paient pour la vision. Et ça, ça reste à démontrer.
