L’inflation s’effondre en France.
Et contrairement à l’intuition, ce n’est pas une bonne nouvelle.
L’Insee annonce une inflation à 0,3 % sur un an en janvier.
C’est trois fois moins qu’en décembre, et un plus bas inédit depuis fin 2020, au moment du deuxième confinement.
Le signal est clair : l’économie française ralentit nettement.
Sur le papier, une inflation faible devrait soutenir la consommation.
Des prix qui augmentent moins vite sont censés redonner du pouvoir d’achat.
Mais encore faut-il que les ménages aient envie de dépenser.
Et c’est là que le bât blesse.
L’indice de confiance des ménages stagne à 90, très loin de sa moyenne de long terme (100).
Dans le même temps, l’épargne explose: le taux d’épargne atteint 19 %, l’un des plus élevés de la zone euro.
Autrement dit, les Français mettent de côté au lieu de consommer.
Pourquoi cette prudence ?
Parce que nous nageons en pleine incertitude budgétaire. Personne ne sait clairement à quelle sauce il va être mangé. Impôts, dépenses publiques, trajectoire économique… tout est flou.
Dans ce contexte, le réflexe est rationnel :
- on limite les dépenses,
- on reporte les achats,
- on épargne “au cas où”.
Alors comment relancer la consommation ?
La réponse classique serait une baisse des taux de la BCE, pour encourager l’emprunt et donc la dépense.
Mais là encore, les marges de manœuvre sont faibles.
En zone euro, l’inflation moyenne était de 1,9 % en décembre.
Difficile d’imaginer la BCE baisser ses taux uniquement pour répondre au cas français, alors que le reste de la zone reste proche de l’objectif.
Résultat : une inflation très basse, une consommation atone et peu de leviers immédiats pour relancer la demande.
L’inflation qui s’effondre, ce n’est pas toujours une victoire.
Parfois, c’est surtout le symptôme d’une économie qui hésite à repartir.
