La startup française de l'IA vient de signer sa première levée de dette. 830M€ auprès de 7 banques pour construire un data center dans l'Essonne, à Bruyères-le-Châtel. À l'intérieur : 13 800 puces Nvidia Grace-Blackwell (le top absolu du marché), pour une puissance totale de 44 mégawatts.
Il faut bien comprendre que jusqu'ici Mistral vendait des modèles IA européens, mais dont les données étaient stockées… aux États-Unis. Pour une entreprise qui se positionne sur la souveraineté, c'était gênant.
Du coup, ils rapatrient tout. Le modèle d'IA, le logiciel, les serveurs, tout hébergé en Europe, sous juridiction européenne. Et les chiffres montrent que la demande est là : plus de la moitié des revenus de Mistral viennent déjà d'Europe.
Au passage, le choix de la dette est intéressant : c'est un signal de maturité financière. Mistral montre qu'il génère assez de confiance pour emprunter à grande échelle (après s’il est backé par l’état français, peut-être que ça aide à rassurer les créanciers 🙂)
Maintenant, la vraie question c’est est-ce que l'appétit européen pour l'autonomie des données tiendra face aux prix agressifs des clouds américains ? Parce que la souveraineté, c'est séduisant dans un discours mais quand AWS propose 30 % moins cher, les convictions fondent vite. À suivre.
