Y’a-t-il trop d’électricité en France ?

La question paraît absurde.

Et pourtant.

Après trois ans de retard, la France dévoile sa nouvelle PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie).

Le cap est clair :

Relance massive du nucléaire avec 6 nouveaux réacteurs EPR vers 2038 (+5 % de production).

Développement encadré des renouvelables avec 35–40 GW d’éolien terrestre et 55–80 GW de solaire d’ici 2035.

Sur le papier, c’est ambitieux.

Mais il faut comprendre une chose essentielle.

La France produit déjà une électricité quasi entièrement décarbonée (95 %).

Le vrai enjeu n’est donc plus écologique.

Il est économique.

Pour rentabiliser ces nouveaux réacteurs, il faut que le pays s’électrifie massivement :

  • Transports

  • Chauffage

  • Industrie

  • Data centers.

Or la demande ne suit pas.

Depuis 2019, la consommation d’électricité a baissé d’environ 6 %.

On investit des milliards pour produire plus…

Alors que le pays consomme moins.

Certains diront : on exportera.

Mais l’électricité se vend au prix du marché européen.

Quand tout le monde produit beaucoup en même temps, les prix chutent.

Et le nucléaire coûte très cher à construire et à maintenir.

Si les prix sont bas, les recettes ne couvrent pas les investissements.

La vraie question n’est donc pas :

“Peut-on produire plus d’électricité propre ?”

Mais plutôt :

“Allons-nous électrifier assez vite notre économie pour justifier ces milliards investis ?”

Sans explosion de la demande, on risque de bâtir un système énergétique puissant, propre… mais économiquement fragile.

Et dans l’énergie, le dimensionnement est tout.

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