Contexte : À Station F, lors du Machina Summit, Bruno Retailleau (président des Républicains, candidat à la présidentielle) a présenté son plan IA à 25Md€ (soit 5 milliards par an).
Les mesures phares : un agent IA baptisé « Marianne » pour simplifier les démarches administratives. La diffusion de l'IA dans la fonction publique pour « libérer » 250 000 à 300 000 fonctionnaires (certains redéployés sur le terrain, d'autres non remplacés au départ à la retraite). Un ministère dédié à l'IA rattaché au Premier ministre. Et la généralisation des caméras intelligentes, testées pendant les JO de Paris 2024 avec 485 caméras pilotées par IA.
Éléments intéressants : Il propose un cloud souverain hors d'atteinte des lois extraterritoriales, des data centers visant 1 gigawatt en 2030 puis 4 en 2035, un "Buy European First Act" pour la commande publique, et une dérogation de trois ans au RGPD (la loi européenne qui encadre l'usage des données personnelles) et à l'AI Act (le règlement européen qui classe et encadre les usages de l'IA selon leur niveau de risque).
Je suis mitigé car ce plan illustre le réflexe français par excellence : Annoncer un grand plan étatique chiffré en milliards, financé par de l'argent qu'on n'a pas et où chacun surenchérit sur le montant : Attal propose 200 milliards, Édouard Philippe son propre plan…. personne n’amène une vraie vision plantée à long terme sur 20-50-100 ans.
Pendant que la Chine planifie son leadership technologique en décennies, en investissant massivement dans les semi-conducteurs, les data centers, la robotique, l'IA et l'énergie, nous continuons à raisonner par plans quinquennaux et annonces électorales. Pour rappel, il y a encore quelques semaines le grand débat politique français c’était “pour ou contre la clim…”
Et surtout, la France n'a pas besoin d'un ministère de l'IA ni d'un chatbot Marianne. Le vrai sujet est de savoir comment faire de la France un pays où les entrepreneurs veulent créer, où les chercheurs veulent rester et où les capitaux veulent investir.
