• Contexte : Arthur Mensch, cofondateur et PDG de Mistral AI (1000 collaborateurs, valo de 12Mds€) a été auditionné cette semaine par la commission d'enquête parlementaire sur la souveraineté numérique française.

  • 1) Déjà il commence par alerter sur le fait qu’on finance massivement les US : Si l'Europe utilise l'IA à hauteur de 10% de sa masse salariale dans 3 à 4 ans, ce qui est l'usage actuel chez Mistral, ça représente 1 trilliard d'euros de services numériques par an. Or si ces services sont fournis par des acteurs non européens, c'est 1 trilliard de déficit commercial supplémentaire qui sort d'Europe chaque année, réinvesti en R&D aux États-Unis et en Chine.

  • 2) Autre point clé : l'énergie. Pour lui, la vraie ressource stratégique du futur, c'est l'électricité disponible pour alimenter les data centers IA. La France a une chance unique : elle produit plus d'électricité qu'elle n'en consomme (grâce au nucléaire). Sauf que cette électricité en surplus, les géants américains sont en train de la réserver en signant des contrats long terme pour construire leurs data centers sur le sol français. "Une fois qu'ils l'ont fait, vous n'avez plus d'électricité disponible. C'est irrémédiable.".

  • À noter que Mistral vise 1 GW de capacité de calcul d'ici 2029, mais dit que ce n'est pas suffisant et qu'il investirait davantage si l'État français s'engageait à acheter des services IA européens sur le long terme. Sans cette commande publique visible, impossible de prendre le risque financier d'aller plus vite.

  • 3) Sur la réglementation : La fragmentation du marché européen (27 régimes fiscaux, 27 droits du travail, 60 opérateurs télécoms contre 3 aux États-Unis) coûte des entrepreneurs et des capitaux chaque année. Les réglementations type AI Act "favorisent les gros" et sont retournées par les lobbyistes américains à Bruxelles. La vraie solution selon Mensch est que la commande publique européenne (50% du PIB) soit orientée vers des acteurs européens, comme les US le font depuis 1940.

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