Apple n’est peut-être plus une “boîte tech” au sens classique du terme.
Pendant que les géants investissent des dizaines de milliards en capex (data centers, modèles IA, puces dédiées), Apple adopte une stratégie beaucoup plus froide.
Elle s’appuie sur des technologies tierces et conserve sa trésorerie.
L’idée est simple : laisser les acteurs logiciels s’entretuer… pendant qu’elle contrôle le point d’entrée utilisateur.
Et la Bourse commence à le comprendre.
La corrélation de l’action Apple avec le Nasdaq 100 est tombée à 0,21.
Pour rappel, 1 signifie évoluer quasiment de la même manière.
Sur un mois, Apple fait +7 %, alors que le Nasdaq recule légèrement et que l’ETF Magnificent Seven chute d’environ 5 %.
Ce n’est plus une valeur purement tech.
C’est presque une catégorie à part.
Je trouve la stratégie assez brillante.
Apple a probablement perdu la guerre des modèles.
Plutôt que de brûler des centaines de milliards pour rattraper OpenAI, Google ou Anthropic, elle consolide ses forces : hardware, distribution, écosystème fermé, relation client.
À la fin, deux options.
Soit elle signe des deals avec les meilleurs modèles.
Soit elle rachète à la casse les acteurs qui n’auront pas survécu à la guerre de l’IA.
Mais il y a un angle mort.
Le matériel IA devient plus cher.
Même si Apple dépense moins en logiciels, ses appareils “IA-ready” ont besoin de puces mémoire.
Or ces composants deviennent rares et chers à cause de l’explosion des data centers IA.
Apple joue une partie patiente.
Mais dans une guerre industrielle, même celui qui attend doit sécuriser ses approvisionnements.
Et la bataille ne se joue plus seulement dans le software…
Elle se joue dans les usines.
