Sur le papier, l’Inde devrait être l’une des premières destinations mondiales : 45 sites classés à l’Unesco, plus de 100 parcs nationaux, l’Himalaya, le Taj Mahal et des milliers de palais et de temples.
Pourtant, le pays de 1,4 milliard d’habitants n’a accueilli que 9,15 millions de visiteurs étrangers l’an dernier (moins que l’Albanie)… Pire : ce chiffre baisse. Les arrivées étrangères ont reculé de 8,1% en un an et restent 16% sous leur sommet de 2019.
Et les véritables vacanciers seraient encore moins nombreux : une fois retirés les voyages familiaux et médicaux, les professionnels du secteur estiment qu’il ne resterait que 2 à 3 millions de touristes étrangers.
Le principal problème vient… des Indiens eux-mêmes ! Ils voyagent énormément dans leur propre pays : les voyages domestiques ont bondi de 46% en un an, à 4,29Md (presque 2x son niveau d’avant-Covid). Les hôtels et les vols se remplissent donc sans étrangers, les prix augmentent et toute l’industrie s’adapte prioritairement aux goûts locaux. À Goa, les touristes indiens sont désormais 20 fois plus nombreux que les étrangers.
Et l’Inde ne fait presque rien pour inverser la tendance : son dernier budget ne consacrait que 367 000 $ à la promotion touristique internationale (moins que les dépenses marketing de certains voyagistes locaux). Résultat : ses recettes touristiques étrangères plafonnent à 35 Mds$ et le tourisme ne représente que 5,2% de son PIB (deux fois moins que la Thaïlande).
