Rappel : La France a 3536 Mds€ de dettes et nos créanciers sont à 52% des étrangers, à 18% la Banque de France et à 30% des acteurs privés français.
Le raisonnement de Mélenchon : “pourquoi rembourser une banque qui appartient elle-même à l’État ?” (il parle ici des 18% détenus par la Banque de France, qui représentent 636 Mds€). Sauf que…
1) Ce n’est pas possible techniquement car ces titres appartiennent à la Banque de France, mais ils ont été achetés dans le cadre de la politique monétaire commune européenne or les règles de l’euro interdisent à une banque centrale d’effacer la dette de son propre État (sauf à obtenir l’accord des 27 autres pays membres).
2) Il n’y a aucun gain à espérer de cette mesure parce que les intérêts de cette dette revient à l’état car c’est de la dette qui appartient à la Banque de France. Donc on aurait moins d’intérêts à payer… mais ces intérêts revenaient dans les poches de l’état quoi qu’il arrive.
3) En supprimant de la dette, on perd la confiance de nos futur créanciers. Après tout, pourquoi prêter de l’argent à quelqu’un qui n’a pas honoré ses anciennes dettes ? Donc les taux des prochains prêts risquent d’exploser… et la France risque de suffoquer économiquement.
Le plus agaçant c’est que cette cartouche historique ne servirait même pas prioritairement à préparer l’avenir (nucléaire, infrastructures, l’IA, l’industrie ou l’éducation…). LFI souhaite surtout retrouver de la marge pour financer son programme, dont la retraite à 60 ans et de nouvelles dépenses sociales. On prendrait donc un risque monétaire exceptionnel non pour construire des actifs que les générations suivantes utiliseront, mais pour financer immédiatement leur consommation avant de leur laisser la prochaine dette.
