Contexte : -10% pour l'action Netflix en une semaine… Une croissance qui reste positive à 11,7%, mais c'est la plus faible progression annuelle depuis fin 2023. Les investisseurs s'inquiètent d'être passés au-delà du pic de croissance de l'entreprise. Alors forcément c’est intéressant de regarder les marges de manoeuvre IA dont dispose Netflix pour continuer à croître.
La boite a déployé l'IA générative sur environ 300 films et séries durant le 1er semestre 2026. Ça va du storyboard initial jusqu'à la post-production. Un documentaire sur la Révolution américaine a même intégré 17 minutes d'images générées par IA.
Sauf que… y’a 0 économie réelle pour l'instant : depuis ChatGPT, Netflix a augmenté ses effectifs de 12 800 à 16 000 salariés, ses dépenses technologiques ont grimpé de 22% au T2 2026 et sa marge opérationnelle a même légèrement reculé, de 34,1% à 33,4%.
Ça me rappelle ce que disait l'acteur Ben Affleck : l'IA s'attaque d'abord aux tâches les plus coûteuses et les moins créatives du cinéma (les effets visuels) et la baisse des coûts entraînera surtout plus de contenu et plus de demande, pas moins de dépenses globales (le paradoxe de Jevons).
Et si Netflix venait de prouver que l'IA ne marche pas dans les grandes structures ? Avec 16 000 salariés et des process lourds, elle empile l'IA sur l'existant au lieu de tout repenser, résultat : zéro économie réelle. À l'inverse, des équipes commandos de 5 à 10 personnes n'ont ni comité ni silo hérité, elles peuvent restructurer leur workflow autour de l'IA dès le premier jour (cf le carton de Backroom et Obsession…). On pourrait donc voir les grandes boites se transformer en simples orchestrateurs (marque, distribution, capital) et sous-traiter l'exécution à une myriade de micro-structures IA-native, payées à la mission. Un retour du modèle studio hollywoodien, généralisé à toute l'économie.
