Contexte : Mistral prépare une levée de 3Mds€ qui porterait sa valorisation à 20Mds€ (contre 12Mds€ il y a 9 mois). En 3 ans, la startup est passée de zéro à 1 000 employés, avec Airbus, BMW, BNP Paribas et CMA CGM comme clients, dans un contexte de domination totale des Américains (OpenAI valorisé 852Mds$, Anthropic 965Mds$).
Cette levée était attendue. L'IA dévore de l'électricité, et l'Europe en produit à prix cassé. Du coup, Microsoft et Google construisent déjà leurs data centers ici pour en profiter et sans milliards pour bâtir ses propres serveurs, Mistral aurait regardé les Américains s'installer dans notre jardin… avec notre électricité.
Et concrètement ils en sont où ? Niveau qualité des modèles c’est pas terrible : Mistral Medium 3.5 obtient un score de 39,2 contre 64,9 pour Claude et 60,2 pour GPT-5.5 sur l'Artificial Analysis Intelligence Index (qui agrège 10 tests d'intelligence IA en un seul score).
Ce que j’en pense c’est qu’importe peu le modèle. Le combat de Mistral repose aujourd’hui sur 2 paris.
1) La souveraineté : 72% des patrons européens font de la localisation des données un critère d'achat. Et pour cause : une série de règlements européens (Schrems II qui interdit de confier certaines données à des serveurs américains, l'AI Act, DORA pour les banques) créent des obligations légales concrètes qui forcent les grandes boîtes à privilégier un acteur européen.
2) L’implémentation. Comparer Mistral à OpenAI, c'est une erreur de match : Mistral ne vise ni le grand public de ChatGPT, ni le développeur de startup. Son terrain, c'est le contrat sur-mesure avec les grands groupes industriels européens : 5 ans avec Airbus pour concevoir des avions et sécuriser les cockpits, des modèles qui « comprennent la physique » des véhicules pour les crash-tests BMW, une plateforme pour les 80 000 employés de CMA CGM….