• Rappel : Mistral a été créée avec la promesse de construire en Europe des modèles capables de rivaliser avec OpenAI et Google… Mais coup de théâtre, elle propose désormais sur sa plateforme un modèle …chinois !

  • On pourrait croire que c’est inadmissible et que Mistral est un échec. Sauf qu’il faut bien comprendre que le business de l’IA repose sur trois étages : 1) créer le modèle qui produit les réponses, 2) posséder les puces et les data centers qui le font fonctionner, 3) l’installer chez les entreprises et leur facturer son utilisation.

  • La course au modèle est perdue… mais on s’en fiche grâce aux modèles ouverts. Mistral peut télécharger une IA chinoise ouverte et la faire tourner dans ses propres data centers sans payer son créateur à chaque réponse.

  • Il reste donc 2 éléments essentiels à contrôler : 1) L’infrastructure européenne de l’IA. La boite veut atteindre 200MW de puissance informatique en 2027, puis 1 GW en 2030.

  • 2) La capacité à rediriger toutes les boites européennes vers nos data centers. Et les cabinets de conseil sont les mieux positionner pour conseiller les grands groupes sur ce point là. Ça tombe bien, Mistral accélère sur leur business de service (il suffit de regarder ses derniers recrutements).

  • En gros, Mistral veut verrouiller les deux extrémités : posséder l’usine qui fait tourner les IA, puis accompagner les entreprises vers cette infrastructure. À noter qu’Arthur Mensch estime que l’Europe pourrait bientôt consacrer 10% de sa masse salariale à l’IA, soit environ 1 000Mds€. Cette stratégie permettrait ainsi d’éviter que cette nouvelle dépense parte entièrement aux US.

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