Contexte : Ces derniers jours, les grands patrons de la tech nous inondent de manifestes concurrents sur la future "superintelligence" artificielle.
C’est important car cette bataille déterminera qui aura accès aux modèles les plus puissants, comment les États-Unis feront face à la Chine, et si le gouvernement pourra un jour ralentir la course en cas d'urgence.
En seulement deux semaines, chacun a publié sa vision :
Le 14 juillet, Google ouvre le bal : Demis Hassabis (Google DeepMind) propose de faire tester les modèles les plus puissants par un organisme supervisé par Washington avant leur sortie.
Le 24 juillet, Nvidia répond : Jensen Huang défend au contraire les modèles open weight et leur diffusion massive. Meta, Microsoft, Google et OpenAI soutiennent l'initiative.
Le 27 juillet, Anthropic durcit le ton : Dario Amodei réclame des tests obligatoires et davantage de restrictions, notamment pour empêcher la Chine d'accéder aux technologies les plus sensibles.
Le 28 juillet, Zuckerberg prend le contre-pied : il défend une « superintelligence personnelle » accessible à tous, plutôt qu'aux mains de quelques entreprises ou États.
Et le même jour, 1 200 salariés de l'IA réclament carrément un frein d'urgence permettant de ralentir la course si les modèles commencent à échapper au contrôle humain.
Ce que j’en pense c’est que tout ça c’est bien beau, mais comme par hasard, chacun propose un manifeste… qui sert le mieux ses propres intérêts commerciaux : Nvidia (qui vend des puces à tout le monde) et Meta (qui n'a pas le modèle le plus avancé du marché), défendent tous les deux l'ouverture des modèles au plus grand nombre. À l'inverse, Google DeepMind et Anthropic, qui possèdent déjà des modèles de pointe très avancés, réclament davantage de contrôle et de règles, ce qui complique la tâche des nouveaux entrants ou des concurrents chinois…
Bref, ce qui me dérange vraiment c’est qu’il devient difficile de distinguer les vraies inquiétudes de sécurité du lobbying commercial. À force de crier au loup lorsque leurs intérêts sont aussi en jeu, ces entreprises risquent de perdre la confiance du public. Et le jour où le danger sera réellement sérieux, qui les croira encore ?
