Qonto grossit très vite : plus de 600 000 entreprises dans 8 pays utilisent désormais ses services et ont 9,7 Md€ déposés sur leurs comptes, soit +1,6 Md€ en un an. Attention : cet argent appartient aux clients, pas à Qonto.
Et contrairement à la mode des boites françaises, Qonto est rentable. Son revenu progresse à 495 M€ (+10,4%), grâce aux abonnements et paiements par carte (+22%). Mais son bénéfice chute quand même de 36%, à 92,8 M€, notamment à cause de coûts et impôts plus élevés.
Zoomons sur les 9,7Md€ que ses clients lui confient. Il faut bien comprendre que Qonto n’est pas (encore) une banque, mais un établissement de paiement. Ça veut dire que tout l’argent déposé par ses clients doit être déposé auprès d’autres banques et de fonds. Elle ne peut pas utiliser librement cet argent pour accorder des crédits, comme le ferait BNP Paribas par exemple.
C’est justement son prochain objectif : devenir une vraie banque. Qonto a demandé un agrément bancaire qui lui permettrait notamment de prêter une partie de l’argent déposé par ses clients et de toucher des intérêts dessus. Un nouveau business potentiellement énorme (en France, les banques ont environ 1 400 Md€ de crédits en cours aux entreprises…)
On assiste quand même à une petite révolution. Avant, une PME avait sa banque + son comptable + son logiciel de facturation + ses outils de gestion des dépenses. Qonto essaie de tout absorber dans une seule interface : chaque nouveau service lui permet de gagner davantage par client, mais surtout de devenir toujours plus difficile à remplacer. Changer de banque est une chose… changer simultanément de banque, de comptable, de logiciel de facturation et de gestion des dépenses en est une autre.
