• Que se passera t-il si l’IA enrichit massivement les propriétaires des machines tout en déclassant une partie des travailleurs ? Eh bien Daron Acemoğlu, prix Nobel d’économie 2024, s’est posé la question.

  • Sa théorie : plus les entreprises automatisent, plus les revenus se déplacent du travail vers le capital… et plus les inégalités augmentent, tout comme le risque d’une révolte massive de la population.

  • Le gouvernement aura alors 3 solutions : 1) ralentir l’automatisation, 2) redistribuer davantage ou 3) réprimer la contestation.

  • Or le 1) ne dure jamais vraiment longtemps, le 2) fonctionne à moitié car plus l’automatisation progresse, plus cette redistribution doit être importante… et donc coûteuse pour ceux qui possèdent le capital.

  • Et il reste la 3) qui fonctionne plutôt bien : Une fois les outils de surveillance, les forces de sécurité et les dispositifs de contrôle installés, son coût augmente moins vite que celui de la redistribution. Cela crée une boucle vicieuse : davantage de machines → davantage d’inégalités → davantage de contestation → davantage de répression (qui permet finalement de poursuivre l’automatisation sans craindre de révolte).

  • Mais nuance chers amis. Ce scénario catastrophe suppose surtout que l’IA remplace le travail et concentre les revenus. L’étude ne mesure pas ce qui arriverait si l’IA créait au contraire plus de travail humain (via le paradoxe de Jevons) ou simplement dans le fait d’agrandir certains marchés et d’augmenter la valeur des humains…. Ce n’est pas garanti, mais cela empêcherait de voir la boucle “automatisation-répression” comme une fatalité.

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