• Contexte : l'Union européenne a adopté à 43 voix pour et 14 voix contres en commission économique la création d'un « euro numérique », une version digitale de l'euro gérée directement par la BCE. Lancement prévu en 2029.

  • L'objectif affiché : réduire la dépendance de l'Europe à Visa et Mastercard, qui contrôlaient 61% des transactions par carte en Europe en 2022.

  • Bon, l'idée de départ est légitime, mais :

  • 1) la facture est délirante : la BCE estime son propre investissement à 1,3Md€ jusqu'au lancement, puis 320M€ par an. Et c’est sans compter le fait que les banques commerciales devront refondre leurs systèmes, intégrer les nouveaux portefeuilles, se mettre en conformité. Note totale estimée : 18 à 30 milliards € pour le secteur.

  • 2) Le danger est de tuer ce qui marche déjà. La France a déjà une infrastructure de paiement souveraine qui fonctionne : le réseau Cartes Bancaires traite 80% des paiements domestiques et Wero, porté par 16 banques européennes, revendique déjà 47 millions d'utilisateurs. Ces deux solutions font exactement ce que l'euro numérique promet…

  • 3) Enfin, il y a un vrai risque financier : imaginez que demain, vous puissiez mettre jusqu'à 3 000 € directement à la BCE, comme sur un compte courant garanti par l'État. Beaucoup de gens retireraient cet argent de leur banque habituelle pour le mettre là. On estime cette fuite à 739Mds€ de dépôts qui quitteraient les banques européennes. Pour les banques françaises, la décollecte moyenne atteindrait 20,7%, avec des pics à 25,7% pour La Banque Postale. La BCE elle-même reconnaît que ça réduirait le rendement des fonds propres bancaires de 30 points de base.

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