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Le camp de vacances pour survivantes du cancer cartonne
Le concept : Camp Breastie, c'est un camp de vacances de 4 jours réservé aux survivantes du cancer du sein. 200 activités, des marshmallows grillés au feu de camp, et surtout des centaines de femmes qui partagent la même expérience.
La demande est délirante : les 500 places disponibles ont été vendues en 2 heures. Aux États-Unis, on compte environ 4 millions de survivantes du cancer du sein. Et seulement 500 places.
Pourquoi ça cartonne : après un cancer, les traitements s'arrêtent mais l'isolement reste. Le système médical prend en charge la maladie, pas la reconstruction émotionnelle et sociale qui suit. Camp Breastie comble exactement ce vide : un espace où personne n'a besoin d'expliquer ce qu'elle a traversé, parce que tout le monde l'a vécu.
Si on dezoom, je vois l’émergence d'un marché entier qui n'existe pas encore : Des millions de personnes sortent chaque année de maladies graves, de deuils, de divorces, de burn-outs… avec un besoin immense de communauté et de reconstruction et presque personne ne s'adresse à eux.
Nouvelle tendance : Les “Dinkwads”
Une nouvelle catégorie de consommateurs émerge : Les “Dinkwads” pour “dual income, no kids, with a dog”. Ces couples aisés adorent voyager, restent plus longtemps dans les hôtels et dépensent sans compter pour leurs chiens.
Contexte : Les États-Unis n'ont pas de congé parental protégé, pas de subvention pour les crèches (coût moyen de 15 000$ / an / enfant) et élever un enfant jusqu’à ces 18 ans coûte en moyenne 303 418$. Résultat : une génération entière reporte ou abandonne l'idée d'avoir des enfants…
Et comme la nature a horreur du vide : Le budget émotionnel et financier se reporte intégralement sur l'animal de compagnie (les dépenses de l'industrie des animaux de compagnie atteignent 165Mds$ en 2026 contre 158Mds$ en 2025) et le chien devient le “substitut” d'un projet familial que la société a rendu trop cher.
Et ça crée des business complètement improbables : Les hôtels séduisent ces consommateurs avec des menus gastronomiques canins, des spas, des “bibliothèques de bâtons” sur la plage... Le Baccarat Hotel propose une consultation privée pour des colliers en or et diamants pour chiens à 1 000$ et Bark Air lance des vols dédiés aux chiens à 6 000$ l'aller simple (la compagnie vient de fêter ses deux ans et ouvre Tokyo, Stockholm, Athènes et Berlin).
Le (gros) business des memes
Je viens de découvrir ce marché : 10 000 milliards de GIFs, stickers et mèmes sont partagés chaque année dans le monde. 75% des 13-36 ans envoient des mèmes régulièrement.
Et toute cette infrastructure reposait sur Tenor, une API rachetée par Google en 2018 (dont le montant du rachat est inconnu, mais le principal concurrent de Tenor, Giphy, était valorisé 1Md$). Et Google vient de la fermer.
Mais pourquoi les applis n'internalisent pas ça elles-mêmes ? Parce que construire un moteur de GIFs, c'est des millions d'assets à stocker, modérer, indexer, servir en 0,2 secondes à des milliards de requêtes par jour. Pour Canva, Figma ou Slack, c'est des mois de développement pour une feature qui n'est pas leur cœur de métier.
Et une startup s'y engouffre : Klipy vient de lever 3,8 millions $ pour devenir le nouveau standard.
J’en parle car le Business Model est passionnant : Klipy ne vend pas des GIFs, elle vend de la publicité émotionnelle. Quand vous envoyez un GIF « merci » ou « trop cool », Klipy peut placer une pub ciblée selon l'émotion que vous exprimez. C'est ce qu'elle appelle l'« Emotional Graph » : cartographier vos émotions en temps réel pour y coller des annonceurs.
Avec l'IA générative, les utilisateurs créent des « micro mèmes » hyper-spécifiques, des blagues d'initiés entre amis ou collègues et ça multiplie les occasions de création… et donc les surfaces publicitaires.
L’immortalité devient mainstream
1er signal : La "longevity tech" vient d'être ajoutée comme thématique officielle à VivaTech 2026, aux côtés de la healthtech et de l'IA. Le nombre de startups santé exposantes est passé de 140 à 198 en un an (ex : Neurathletics ou PointFit) et le marché qui pesait déjà 29,8Mds$ en 2024 devrait atteindre 74 à 78Mds$ d'ici 2033. Ce qui était encore du biohacking marginal il y a 5 ans est en train de devenir une industrie à part entière.
2nd signal : Les marques grands publics s’y intéressent. L'Oréal et Samsung ont tous les deux consacré leur stand à Vivatech à la “longevity tech”. Le groupe de produits cosmétiques s'associe à une startup qui utilise des microalgues pour cibler les mécanismes cellulaires du vieillissement et Samsung collabore avec trois startups spécialisées en diagnostic de longévité, glycémie prédictive et analyse de peau par IA.
3ème signal : Google Trends. pendant 12 ans, les recherches mondiales sur le mot « immortalité » stagnaient à un niveau bas et stable. Depuis 2022, elles ont plus que doublé et cela en même temps que l’émergence de tous les influeceurs axés longévités.
La solitude explose en Occident
Contexte : L’Occident traverse une "récession de l'amitié". 15% des hommes déclaraient n'avoir aucun ami proche en 2021 (3% dans les années 90), et chez les femmes, on est passé de 2% à 10% sur la même période… Pire encore : la solitude est désormais liée à 871 000 morts par an selon l'OMS.
C’est pas pour rien si des publications de ce style cartonnent sur twitter.
Pourquoi maintenant ? Le télétravail a accéléré le mouvement, mais la vraie cause est plus profonde. Les “tiers-lieux” ont disparu (les clubs de quartier, les associations, les églises), tous ces endroits où on se retrouvait sans l'avoir décidé. Les loisirs se sont aussi individualisés et la mobilité géographique force à reconstruire un réseau social à chaque déménagement.
Et forcément : Ça fait exploser le marché de la connexion. Le Platonic Action Lab (398$ pour 3 mois en ligne, 499$ en groupe) est un “bootcamp de l’amité”, Unshyness.com (1 440$ le week-end) aide les élèves à surmonter leurs phobies sociales et The Robin à Milan (2 285$ par an) est une communité ultra-sélect de dîners privés avec une hôtesse qui présente les membres aux bonnes personnes…
Je suis aussi bullish sur les formations et livres sur le sujet (500 000 exemplaires vendus pour The Art of Gathering), ou bien sur les applis comme Bump (par les fondateurs de Zenly) qui utilisent la data, la tech et l’IA pour savoir où vous allez, qui vous voyez, ce qui vous intéresse… Et rendre la rencontre réelle plus probable et plus personnelle.